P.P.
rider
Shinji Somai (1983)
«
P.P. rider » est une sorte
de road movie non conventionnel
et picaresque qui commence par
un plan séquence sur
grues au bord d’une piscine
où le caïd du coin,
Deguchi Nobunaga, alias Debunaga,
harcèle le trio de protagonistes.
Des truands arrivent pour le
kidnapper, mais par erreur.
Les protagonistes partent à
la recherche de Debunaga afin
de se venger de ses persécutions
avant que les yakuzas ne le
tuent. Les ados auront maille
à partir avec une police
corrompue et une pègre
fantasque dont Gombei le malfrat
au bout du rouleau (c’est
l’ineffable Tatsuya Fuji).
Comme souvent avec Somai, le
processus créatif est
plus intéressant que
le film. De ce fait, il y a
un attrait formel immédiat,
à coups de plans séquences
tremblotants, de cadrages baroques,
de caméras portées,
de bruitages exagérés
et de plans larges cadrés
trop bas. Son trio d’ados
se résume souvent à
un groupe en mouvement, peu
ou pas traité, si ce
n’est vaguement le garçon
manqué rattrapé
par la puberté.
Et comme ce film d’environ
4h a été remonté
en 2, le moment vient où
tu ne comprends plus rien entre
le flot de personnages, de rebondissements
et de changements de villes,
à peu près à
la suite de la poursuite sur
la passerelle et surtout de
la fameuse fusillade des troncs
flottants, en plan séquence,
il va sans dire, scènes
durant lesquelles les jeunes
plongent de dix mètres
et se jettent entre les rondins
de bois.
En somme « P.P. rider
» est un film confus et
surréalisé en
un temps où tu pouvais
épuiser tes acteurs de
15 ans, les blesser et les jeter
à l’eau sans qu’ils
sachent nager.
PS
: A noter que
Kazue Suzuki, ici dans le rôle
de Michiko Kawai, alias Bruce,
fera carrière sous le
nom de son personnage : Michiko
Kawai (et pas Bruce). Quant
à Masatoshi Nagase, il
jouera pour Jarmusch ou dans
« Les délices de
Tokyo ».
PS2
: « P.P. Rider »
est sorti en double programme
(c’est-à-dire que
tu payais un film et tu en voyais
deux) après « Urusei
Yatsura : Only you »,
le premier film de Mamoru Oshii,
adapté du manga de Rumiko
Takahashi, afin de capitaliser
sur la présence des enfants.
Mais ça n'a pas fonctionné.
Et si le film de Somai a été
raccourci dans ce cadre, celui
d’Oshii le fut aussi.
Masahiro Kuwana sait-il nager
?